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Bujumbura, le 22 février 2010 (caritasaceac.org): vers la fin de l’année dernière, le Burundi a connu une période de famine relative, de manière que des familles entières en ont été affectées et de sérieux signes de malnutrition sont apparus chez des milliers d’enfants en bas âge. Le CED-CARITAS BURUNDI, dans ses efforts d’améliorer l’alimentation des ménages, essaie en même temps de créer de nouvelles sources de revenus. Une enquête réalisée au niveau national a ouvert la porte aux recherches pour la réhabilitation d’arbres fruitiers, rapporte caritasaceac.org. Pourquoi la malnutrition subsiste-t-elle encore au BURUNDI alors qu’il y a des possibilités de l’éradiquer, entre autres, en augmentant la production agricole et en diversifiant les cultures ?
Une enquête sur les arbres fruitiers exotiques au BURUNDI. Le CED-CARITAS BURUNDI vient d’initier une enquête sur la présence d’arbres fruitiers exotiques au BURUNDI. Cette enquête a permis d’inventorier plus de quarante quatre (44) essences susceptibles de pousser et de donner du bon fruit au pays, à condition qu’ils soient bien entretenus. Il y a des essences qui peuvent bien pousser au BURUNDI et produire des fruits sur toute l’étendue du territoire national ; tandis que d’autres s’adaptent mieux aux régions chaudes et/ou froides suivant les cas. La réhabilitation et l’ entretien de ces dernières pourraient leur permettre de bien donner et cela constituerait une remarquable source de vitamines à exploiter au niveau alimentaire et sur le plan commercial. La malnutrition persiste au pays. En effet, il est possible au BURUNDI de produire ce qu’il faut pour avoir une alimentation riche et équilibré de sa population. Situé près de l’Equateur, le BURUNDI bénéficie d’un climat stable pouvant favoriser un bon développement de chaque culture, et par conséquent, les cultures vivrières ne devraient jamais faire défaut au pays. Mais hélas, les aléas climatiques de l’année dernière, ont été à la base d’importantes irrégularités pluviométriques qui ont fait que le pays a eu une mauvaise production agricole. Ces irrégularités font qu’à certaines périodes plusieurs régions du pays frôlent la catastrophe. Les familles à faibles revenus et dont l’alimentation provient essentiellement de l’agriculture, viennent d’avoir une grande et meurtrière période de disette. 3-Le cœur de bœuf ( annona reticulata) Cette période a laissé des traces dans la population à tel enseigne qu’au mois d’août 2009 les Programmes Thérapeutiques Ambulatoires de l’UNICEF ont admis 1.701 cas de malnutrition sévère chez les enfants de 10 provinces et le mois suivant, ils ont encore enregistré 1.547 cas . Ce fait n’est pas aussi anodin qu’il le paraît à premier abord parce qu’en définitive, il démontre clairement qu’au niveau des ménages, le système d’alimentation reste précaire et dépendant du beau temps et de la pluie malgré les potentialités dont regorge le pays dans le domaine de la production agricole. C’est pour cela qu’il faut chercher à produire plus et à diversifier les produits agricoles en intensifiant, peut-être, les arbres fruitiers, tel que la culture de la vigne, le cœur de bœuf et autres fruitiers exotiques. 4-La vigne donne bien. Intéresser la population. Les arbres fruitiers exotiques ont été introduits au BURUNDI, dès le 19ème siècle, par les arabes et les missionnaires. La population locale ne s’est pas beaucoup intéressée à ce genre de culture qui en fait sortait de son alimentation ordinaire. Elle a totalement négligé la production de fruits comestibles même si leur importance s’avère indéniable aussi bien au niveau alimentaire que sur le plan commercial. Aujourd’hui donc, ce qui reste de ces fruitiers exotiques sont des résidus qui ont pu résister au temps et à sa suite d’intempéries. Ces chanceux arbres fruitiers restant, se retrouvent encore seulement dans les jardins des paroisses catholiques et protestantes et / ou sur les propriétés de quelques proches collaborateurs de ces missionnaires d’alors. Actuellement, comme la malnutrition subsiste, il faut sensibiliser la société burundaise pour qu’elle parvienne à un changement de mentalité en matière de nutrition et qu’elle accepte de cultiver les arbres fruitiers exotiques. Pour réussir cette initiative, il faut qu’elle puisse aussi tenir compte des exigences écologiques des arbres fruitiers exotiques et de leur importance socio-économique. C’est pour cela que CED-CARITAS BURUNDI, à travers le Projet DRABIAF, propose des plantes dont la culture mérite d’être étendue dans les régions naturelles ici-bas indiquées : - La vigne et le sarrasin dans la zone de BUGESERA et IMBO Nord. - Le pommier, le mûrier, le figuier, la groseille et le néflier; dans tout le pays. - Le grenadier, le prunier, et le laurier ; partout dans le pays sauf dans la région du MUGAMBA. Le travail actuel. Le travail actuel consiste à analyser les atouts et les contraintes en rapport avec chaque arbre fruitier pour ensuite le réhabiliter et le disponibiliser, en vue d’intéresser la population à cette source d’alimentation jadis négligée. En d’autres termes, le résultat final de ce circuit devrait conduire à l’intensification de la fruiticulture à fin de diversifier les sources de revenus agricoles des habitants et par conséquent, leur permettre d’améliorer l’alimentation dans les ménages. C’est au prix d’autant d’efforts qu’on peut espérer éradiquer la malnutrition au BURUNDI. C’est un défi à relever ! NTAHONKIRIYE Tharcisse, Chargé de Communication |