Karam bi, le 8 février 2010 (caritasgoma.org) – Depuis décembre dernier, la Caritas Goma assure la réinsertion socio-économique des femmes chefs de ménage, victimes des violences de la guerre, pour leur propre auto prise en charge par l’agriculture et l’élevage. Lorsqu’ils ont appris la fin des combats entre le gouvernement et la rébellion du CNDP, les habitants de Karambi, à 100 kilomètres au nord de Goma, et ses environs ont fait le pari de retour. Ils n’ont eu l’ombre d’un doute puisque la vie était très difficile dans leur lieu de refuge pendant trois ans.
Sur place, la Caritas Goma assure déjà la réinsertion socio-économique de 400 femmes chefs de ménages, victimes de toute forme de violence pendant leur exil, par l’apprentissage, d’une part, des techniques culturales, et d’autre part, par la distribution des semences, outils aratoires et géniteurs pour relancer les activités agropastorales. Démarré le 26 décembre dernier, ce projet, financé par la Caritas Australie, va s’étaler sur une période de deux ans (2009-2011) au profit de 2 400 bénéficiaires directs de ces 400 familles dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru. A travers ce projet, la Caritas Goma voudrait donner des pistes de survie à ces victimes et leurs dépendants en exerçant des activités génératrices de revenus. Une façon de réduire leur stigmatisation en se prenant en charge. D’où, la Caritas diocésaine a procédé d’abord, par la formation de ces 400 femmes (réunies en six associations) en entreprenariat dans l’agriculture et l’élevage, et les a aussi accompagnées techniquement. La distribution des semences maraîchères et outils aratoires a été la deuxième étape du projet. Ainsi, chaque femme a reçu 30 kilogrammes d’aubergine, de choux, de carottes et d’amantes pour ces semences et deux houes, un arrosoir et une fourche pour les outils. Pour la remise des géniteurs, 200 femelles et 15 mâles ont été mis à la disposition des bénéficiaires. Dans un système de rotation, les 200 chèvres ont été distribuées aux 200 premières femmes. Après la première mise bas de la chèvre souche, la bénéficiaire va la remettre à la voisine dont la maison suit immédiatement la sienne et garder les chevreaux pour elle. Ainsi, par cette rotation, les femmes de différentes ethnies (opposées) sont obligées de coopérer par des visites à domicile pour suivre l’évolution de leur activité. Une façon de se réconcilier. Le projet constitue aussi un soulagement pour ces femmes et leurs dépendants qui, à longue durée, vont disposer d’un cheptel de chèvres : un revenu espéré ; une source de revenus… La quatrième étape du projet, lancée en janvier-février de cette année, a été la distribution des semences vivrières : contrairement aux semences maraîchères, celles-ci sont liées aux saisons culturales. Chaque femme a reçu 10 kilogrammes de semences d’haricots et 10 autres de maïs. Cellule de Communication |